Aplec 2022 : « Rien n’est impossible à Dieu ! »

Aplec 2022 : « Rien n’est impossible à Dieu ! »

By vincent in A la une, Actualités, Actualités & Évènements, Évènements, L'évêque, News, Non classé on 12 septembre 2022

Dimanche 11 septembre, dans la prairie de l’Ermitage de Font Romeu, la famille diocésaine de Perpignan Elne s’est rassemblée pour célébrer sa Sainte patronne ND de Font Romeu. C’était aussi le retour de l’Aplec après deux ans d’absence et l’occasion pour Mgr Turini, nommé archevêque de Montpellier de dire au revoir au diocèse, là, au coeur du jardin de Marie.

 

Sœurs et Frères,

Vous devinez que c’est avec une certaine émotion que je m’adresse à vous, puisque, c’est comme pasteur du diocèse sur le départ, que je préside ce matin mon dernier APLEC à Font Romeu.

L’an prochain un autre visage que le mien, celui de votre nouvel évêque le fera à ma place.

La famille diocésaine que vous formez, que j’ai aimé de toute ma foi et de tout mon cœur deviendra la sienne. Je m’en réjouis pour lui, puissiez-vous lui donner autant de bonheur qu’à moi-même et plus encore. Comme je vous l’ai demandé, priez déjà pour lui. C’est une belle manière de vous préparer à le recevoir.

En 2023, Notre Dame de Font Romeu vous rassemblera à nouveau dans ce beau jardin à Marie, comme une maman qui réunit autour d’elle ses enfants.

C’est ce que nous vivons depuis des années au cours de ce pèlerinage. Rendre visite à Marie, Notre Dame de Font Romeu, mère de notre Eglise diocésaine, de ses fils et de ses filles.

Le Seigneur fait toujours bien les choses. Il a choisi de donner cette toute jeune fille comme Mère à Son Fils, à ses Apôtres et à tous ses disciples, ceux d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Mais à y regarder de près tout n’était pas gagné d’avance. Quand le Seigneur intervient dans nos vies, cela conduit toujours à des bouleversements, des changements pour ne pas dire des conversions, mais aussi des hésitations et des questions.

  • Marie elle-même ne comprend pas tout ce qui lui arrive. Elle n’est pas encore mariée à Joseph et Gabriel lui annonce qu’elle a été choisie pour devenir mère.
  • Joseph n’a pas encore épousé Marie et il découvre qu’avant qu’ils aient habité ensemble, elle est enceinte. 

A vue humaine,

  • il est normal que Marie s’interroge : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? ».
  • Il est normal qu’avec les moyens dont il dispose, Joseph envisage de la renvoyer en choisissant la solution qui épargnera sa vie.

C’est impressionnant de mesurer que le choix de Dieu, celui d’envoyer son Fils à l’humanité, dépend du consentement de Marie et de la décision de Joseph,

  • comme si Dieu mettait sa toute-puissance à l’épreuve de nos fragilités,
  • comme s’Il prenait le risque de nos refus.
  • comme s’Il avait besoin de notre coopération pour réaliser la grande aventure du Salut.

Cela pourrait apparaître comme un acte de faiblesse de Sa part. Je crois au contraire que c’est une marque de respect à notre égard, la marque d’une profonde délicatesse et d’une grande tendresse.

  • Sa façon à Lui de nous montrer qu’il prend notre humanité au sérieux, en la respectant, en nous respectant.
  • Sa façon à Lui de nous donner des preuves de son attachement, de son amour, de sa confiance, de nous témoigner combien ils sont précieux ces liens qui l’unissent à nous.

Dieu appelle c’est le propre de toute vocation, mais il fait appel à nous. Il fait appel à la coopération de Marie de Joseph, Il fait appel à notre collaboration. Il en a besoin

En prendre conscience, c’est découvrir à quel point Il est proche.

Dieu intervient dans le cours ordinaire de la vie de Marie et de Joseph, pour leur proposer quelque chose d’extraordinaire, qui les dépasse, les déborde

  • dont ils n’ont pas tous les éléments,
  • dont ils ne saisissent pas tout.

Ce fils engendré en Marie par l’action de l’Esprit Saint et confié à Joseph, c’est un saut dans l’inconnu pour eux deux qui les fait entrer dans la grande histoire de Dieu.

Devant de telles situations il y a deux manières de réagir à l’inattendu, à l’imprévisible, à l’incompréhensible :

  • la résistance à ce qui n’est humainement pas possible ou
  • la confiance « Rien n’est impossible à Dieu ».

Marie et Joseph ont choisi la confiance, en ressentant du plus profond de leur foi que Dieu, Lui, leur fait confiance et il ne leur reste qu’à s’ajuster à elle.

 

J’en conviens, c’est dur, difficile

  • de partir dans une direction que l’on n’a pas choisie,
  • de ne pas se sentir à la hauteur de ce qui nous est demandé,
  • de quitter ce que l’on connaît pour partir vers l’inconnu.

La première tentation c’est le refus : « Comment cela peut-il se faire ? » « Comment cela est-il possible ? », « Comment puis-je accepter cela ? ».

Dieu aime nous faire faire des choix, à première vue, impossibles à nos yeux, mais pas aux siens.

Ce n’est pas tant la réussite qui Lui importe, mais notre croissance, et plus fondamentalement notre bonheur, celui de porter en nous ses projets à Lui avec nos propres fragilités et nos limites. C’est ainsi qu’il nous permet de nous dépasser spirituellement.

Oui les choix qu’Il nous propose, nous élèvent, nous font grandir. Marie devient la Mère du Christ et de l’Eglise, Joseph le charpentier de Nazareth, devient le Patron de l’Eglise universelle.

Dieu a vu grand en Marie et en Joseph, comme Il voit grand en nous, en Son Eglise, qui peut être, aujourd’hui, à la différence de Marie et de Joseph, a peur des missions impossibles et donc d’avancer au large. Nous préférons rester sur le rivage et voir de loin.

Dieu est le Maître de l’impossible. Il nous le montre dans ces deux grandes figures, celle de Marie et de Joseph. Il nous le montre par l’Incarnation de Son Fils.

Il agit ainsi dans nos existences aussi. Il déplace les lignes de nos vies, jusqu’à les bouleverser, mais pour nous transformer, nous faire avancer et ne pas nous laisser enfermer dans l’inertie de nos raisonnements trop humains.

Comme Marie, comme Joseph, il y a un saut à faire, un passage à accomplir dans la confiance, c’est-à-dire dans la foi.

Jésus n’a pas tracé une feuille de route à ses Apôtres pour leur dire dans le détail tout ce qui allait se passer, l’itinéraire qu’ils allaient suivre, mais Il les a mis en route sur un seul appel, celui de le suivre.

Dieu n’a pas détaillé à Marie et Joseph tout le plan du Salut qui s’accomplirait en Jésus dès sa conception, de sa naissance jusqu’à la Croix. Il a sollicité leur adhésion dans la confiance et ils ont consenti parce qu’ils l’aimaient.

Si nous attendons du Seigneur qu’Il nous donne tout par avance et dans le détail alors nous pourrons attendre longtemps. C’est chemin faisant que tout se révèle à nous, que tout se construit en nous.

Seule sa grâce nous suffit comme elle a suffi à Marie et à Joseph et le reste est donné en plus.

Marie nous rassemble ici sous la protection de Joseph, non pas comme une poule qui veut garder ses poussins sous ses ailes, mais comme la première missionnaire de l’Evangile qui nous communique la force de sa foi, la puissance de son amour maternel, l’énergie de son Espérance. Marie qui nous dit : « Faites tout ce que mon Fils vous dira ».

Sœurs et Frères, bientôt vous serez accompagné par un nouveau pasteur, qu’il trouve en arrivant une famille diocésaine dynamique, enthousiaste qui avance confiante dans le sens de l’Evangile à la suite de Son Seigneur.

AMEN.