Appel décisif : les voici !

Appel décisif : les voici !

By vincent in A la une, Actualités, Actualités & Évènements, Carême, L'évêque, News, Non classé on 7 mars 2022

Le dimanche 6 mars a eu lieu l’appel décisif pour 42 catéchumènes. Ils ont été appelés pour le baptême et entrer dans la vie chrétienne Par Mgr Turini.

 

Sœurs et Frères, chers catéchumènes bien-aimés,

Aujourd’hui vous êtes appelés. C’est une étape décisive sur le chemin de votre baptême ?

Mais quel est le sens de l’appel décisif ?

Celui de faire l’appel pour vous compter et être sûr

  • que vous êtes tous là,  qu’il ne manque personne,
  • que vous avez rempli les conditions requises pour être baptisé,
  • que votre dossier est bien à jour, qu’il ne manque aucune pièce,
  • que vous avez coché toutes les cases.

Si c’est cela, alors ç’est en totale contradiction avec l’Evangile que le diacre a proclamé où Jésus ne demande pas aux premiers disciples leur curriculum vitae, leur parcours de carrière. Il les appelle en les prenant là où ils en sont (point).

Et non seulement Il les appelle, mais il vient les chercher sur leur lieu de travail, autrement dit en pleine vie active. Ça  n’a pas changé ! Vos lettres en témoignent : l’appel au baptême vous l’avez entendu au sein de votre famille, au cours d’un évènement douloureux comme un deuil, ou un autre joyeux comme un mariage, une naissance.

L’appel au baptême, il s’est révélé à vous en pleine galère, dans des moments d’épreuve, de soucis personnels, professionnels, au milieu de problèmes de santé, à l’occasion d’une rencontre, au fond du trou où vous vous efforciez de trouver une issue, et la liste pourrait être encore longue.

Non je ne suis pas là pour faire l’appel et pour estampiller administrativement votre demande et vous dire : BON POUR LE BAPTEME.

Je suis là comme témoin de votre vie, celle que vous m’avez partagé en m’écrivant et pour vous affirmer qu’avant même de commencer votre catéchuménat, ce que vous avez vécu, de meilleur ou de pire, de triste ou de joyeux, d’enthousiasmant, ou de décourageant est déjà une préparation au baptême, un chemin vers le baptême. Le baptême c’est toute une vie que Dieu consacre, pas qu’un petit bout, ou une partie, mais votre existence dans sa totalité.

Votre désir d’être baptisé ne vient pas de nulle part, pas non plus d’une vie rêvée, mais de celle qui est la vôtre hier et aujourd’hui. C’est là, comme les disciples que le Seigneur vous appelle.

 

Il sait que la vie des pécheurs de la mer de Galilée est rude et difficile, pleine d’imprévues, faite de haut et de bas, de dangers et d’épreuves, de joies et de satisfactions quand la pèche est bonne, de soucis quand ils n’attrapent rien, de tempêtes, mais aussi de solidarité professionnelle et fraternelle, de crises aussi.

Jésus sait que tout cela c’est leur vie et quand Il les enverra en mission, cette expérience acquise sera utile et leur donnera un plus.

Comme Monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, les futurs Apôtres se sont préparés à le devenir sans le savoir.

Mais saviez-vous qu’un jour, vous seriez baptisés ? Pas plus que Simon-Pierre, André, Jacques et Jean savaient qu’un jour ils quitteraient tout : leur barque, leurs filets, leur père et leur famille pour suivre Jésus et devenir ses missionnaires.

Votre vie, mes chers sœurs et frères entre pleinement dans la préparation de votre baptême parce que le désir du baptême vous a frappé en plein cœur dans le courant de votre existence.

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Si je vous disais que la vocation et la vie baptismale sont un long fleuve tranquille, je vous mentirai. C’est pour cela aussi que dès le départ, Jésus forme autour de lui une équipe d’hommes qui se connaissaient. Certains sont frères et ils travaillent ensemble, nous l’avons entendu dans l’Evangile.

Moi, votre évêque, je rêve de fraternités baptismales où les néophytes que vous serez ne soient pas seuls, isolés, mais puissent mettre en commun la grâce de leur baptême, se soutenir, accompagnés par des aînés dans la foi, partager leurs difficultés et leurs joies et s’encourager pour témoigner de Jésus-Christ, prier ensemble. Vivre cela c’est former la famille Eglise.

Mais il y a encore quelque chose de plus puissant que je veux vous partager. Quand Jésus appelle les quatre premiers disciples, il sait qu’Il partagera leur vie, et qu’eux partageront la sienne. Il sait qu’il pourra compter sur eux et eux sur Lui. Jésus nous fait comprendre que tout fils de Dieu qu’il est, il a besoin de compagnons de route et d’amitiés humaines sur lesquels Il puisse s’appuyer,

La suite montrera leurs défauts leurs faiblesses et fragilités,

  • les mêmes Jacques et Jean feront demander par leur mère de siéger à gauche et à droite du Seigneur (l’ambition),
  • les Apôtres se querelleront entre eux pour savoir qui est le plus grand de tous, le plus important (le pouvoir),
  • ils abandonneront tous Jésus au moment de son arrestation, sauf Jean le plus jeune (la fuite),
  • l’un d’eux le trahira : Judas, un autre Simon Pierre, le reniera (trahison et reniement).

Ce n’est pas glorieux et cependant Jésus ne rejettera jamais ceux qu’il a appelés. Il leur restera attachés quoiqu’ils aient fait et même Il leur renouvellera sa confiance, particulièrement par le don de l’Esprit Saint.

Jésus n’a pas peur de nos fragilités, de nos faiblesses, au point de nous rejeter.

Faut-il être parfait pour être baptisés ? Si oui, je vous l’affirme, nous ne serions pas très nombreux ce soir et moi-même je ne serai certainement pas des vôtres.

Non, le Seigneur nous appelle avec nos imperfections et il nous garde toujours sa fidélité et son amour. Il sait que la vie a pu nous blesser, que nos peurs peuvent nous paralyser, nous conduire à jeter l’éponge, à être tenté d’abandonner la partie.

Mais Lui continue à nous appeler sans cesse : « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ». Il est notre force quand nous n’en avons plus, quand nous avons envie de tout envoyer bouler.  Je sais combien, au moment où je vous parle certains parmi vous doivent se battre pour garder la tête hors de l’eau, pour ne pas sombrer ou lâcher prise à cause de toutes sortes de problèmes personnels, de travail et autres.

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Nous avons du mal à nous perfectionner par nous-mêmes, mais c’est l’appel du Seigneur, son amour et sa fidélité qui nous rendent meilleurs, nous transforment pour que nous soyons sel de la terre et lumière du monde.

Alors, j’espère que vous l’avez compris, ce n’est pas moi qui vous appelle pour compter les troupes, mais Celui qui est plus grand que moi, qui appelle chacun et chacune de vous par son nom, parce qu’Il s’est attaché à vous et qu’en répondant Me voici, Lui jamais ne se détachera jamais de vous, même dans les moments les plus sombres. Il vaudrait mieux dire, surtout dans les moments les plus sombres.

Et cela peut arriver, et cela m’est arrivé, quand on est au creux de la vague et que l’on a le plus besoin des autres, beaucoup sont aux abonnés absents, sauf le Seigneur qui continue à m’appeler pour me dire :

« Ne crains pas, je suis là avec toi, près de toi, accroche-toi à moi.  Dépose sur mes épaules ton lourd fardeau. Je le porte avec toi »

Il l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » par le don de Son Esprit Saint.

C’est cela qui est décisif, quand le Seigneur m’appelle, il n’oublie jamais mon nom. En m’appelant il me confirme que pour lui j’existe et exister pour quelqu’un c’est essentiel, cela veut dire que je ne suis plus seul. Rappelez-vous l’enfant prodigue, une fois sa fortune dilapidée, il n’intéresse plus personne, sa vie compte moins que celle des cochons qu’il est en train de garder, mais au plus profond de sa solitude, une petite voix lui dit qu’il compte encore pour quelqu’un et il se lève pour retourner vers son Père qui l’attendait et l’accueille les bras ouverts.

Vous allez toute à l’heure répondre à l’appel décisif : Me voici. Mais il n’y a pas que vous. Jésus lui aussi quand vous l’appelez dans la prière vous répond « Me voici ». Insistez, ne baissez pas les bras, même au risque d’être sans gêne et de vous répéter. Si je ne l’avais pas fait dans ma propre vie, je ne crois pas que je serai en train de vous parler en ce moment.

 

Jésus est le chemin qui vous conduit à Son Père pour acquérir votre identité de fils, de fille de Dieu et l’entendre vous dire de sa bouche : 

« Je t’ai appelé par ton nom, tu es à moi. Tu vaux cher à mes yeux, tu as du poids et moi je t’aime ». Isaïe 43/1 et sv.

Si vous êtes là ce soir c’est pour répondre à l’appel du Seigneur qui passe par la voix de Son Eglise, et vous allez le faire dans un instant. Mais cet appel ne s’adresse pas seulement à vos oreilles, à votre esprit mais il parle avant tout à votre cœur. Et ce « Me voici » qui va sortir de votre bouche tout à l’heure, c’est ce qui déborde de votre cœur : la joie d’être appelé, reconnu, aimé estimé du Seigneur.

Ce « Me voici », n’est pas une simple réponse pour répondre quelque chose, mais un acte de foi par lequel vous manifestez que vous avez reçu Jésus Ressuscité en plein cœur, et que votre bouche ne peut pas ne pas affirmer que Jésus est Seigneur. Il n’y a pas d’autre nom par lequel nous puissions être sauvé.

Marie elle aussi a vécu un appel décisif, quand l’Ange du Seigneur est venu l’appeler pour être la Mère du Sauveur. A sa façon elle a répondu : « Me voici ». Avec ses mots elle a dit : « Je suis la servante du Seigneur qu’il me soit fait selon ta parole ». Elle est pour tous les chrétiens le modèle du OUI à Dieu, qu’elle soit le vôtre ce soir et toujours.

AMEN.