La maintenance des confréries de pénitents s’est rassemblée à Montpellier

La maintenance des confréries de pénitents s’est rassemblée à Montpellier

By vincent in A la une, Actualités, Actualités & Évènements, Évènements, L'évêque, News, Non classé on 16 mai 2022

Deux cents pénitents représentants des confréries de France et de Monaco se sont retrouvés pour leur maintenance annuelle à Montpellier ce dimanche 15 mai. La session était co présidée par l’aumônier national de la maintenance, qui n’est autre que Mgr Turini. Les travaux se sont déroulés sereinement présidés par le grand maître François Dunan. Retrouvez ci dessous l’Homélie de Mgr Turini lors de la messe pontificale.

 

 

Sœurs et Frères,

Le commandement nouveau du Seigneur, cœur de l’Evangile qui vient d’être proclamée, s’offre à nous comme un appel (vocation) et une mission.

L’appel à aimer, à nous aimer, n’est pas une option, mais une nécessité, une urgence, une priorité pour les baptisés et pour l’Eglise.

Pour un disciple du Christ, il ne peut pas en être autrement. D’ailleurs plus loin, Jésus le confirme dans ce même Evangile de Jean : « A ceci, tous reconnaîtront  que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns les autres ». Jn 13/35.

A tel point qu’il me semble que dans chacune de nos confréries, il nous faut vérifier la qualité de l’amour : s’enracine-t-il vraiment dans celui du Christ ?  ou demeure-t-il simplement dans l’ordre de la déclaration d’intention non suivie d’effets

Aimer c’est notre vie, et nous recevons ce commandement du Seigneur, comme un impératif incontournable. Sans l’amour, rien ne peut être et la charité sonne creux et ressemble à une belle coquille, mais vide.

Jésus qui connaissait le cœur de ses disciples et connaît aussi le nôtre, croit, que nous avons en nous cette grâce d’aimer, par-delà nos limites, nos faiblesses et nos péchés. Son amour Il le fait nôtre. Il le témoignera dans sa radicalité et dans sa plénitude du haut de la Croix, quand Il demandera au Père de pardonner à ses bourreaux qui ne savent pas ce qu’ils font. Ainsi, le  pardon devient le sommet de l’amour.

L’amour de Jésus, c’est le don total de sa vie pour nous. Ce don merveilleux qui va jusqu’à sauver et pardonner.

C’est comme je vous ai aimé, nous dit-il, que vous devez vous aimer, bien plus encore que vous ne pouvez l’imaginer.

Ce commandement est donc un appel à suivre Jésus, à nous mettre à son école pour apprendre à aimer comme Lui aime et nous aime, sans mesurer, sans calculer, mais en abondance.

Et pour nous chers amis. Nos confréries sont un lieu privilégié de cet apprentissage qui dure toute une vie, parce qu’il n’est pas facile, qu’il est exigeant et qu’ensemble, les uns les autres, nous nous aidons, soutenons, avec la grâce de Dieu à nous entraîner spirituellement et fraternellement à

  • accueillir son amour en nous,
  • à le vivre chaque jour,
  • à le pratiquer dans le service et le sacrement du frère.

Aimez-vous les uns, les autres. Nous pourrions limiter cet impératif, au seul cercle de nos confréries.

Mais nous aimer les uns les autres nous ouvrent à l’universel, nous appelle à être frère universel à la manière d’un Charles de Foucauld canonisé en ce moment même, par le Pape François.

Si nous apprenons à nous aimer comme Jésus nous a aimés, c’est déjà bien, mais Il nous appelle à aimer toujours plus largement, à regarder plus loin, à dépasser notre individualisme, notre égoïsme.

C’est un appel à sortir de nous-mêmes, à ne pas nous enfermer confortablement dans nos cercles familiers, habituels.

Sœur Emmanuelle du Caire, affirmait « l’amour est le plus sûr chemin qui nous conduit vers l’autre ».

Notre vocation, c’est donc d’aimer, comme Lui, le Christ a aimé. Tout se résume à cela.

Aimer, nous donne cet élan qui fait que nous reconnaissons à quel point toute vie est précieuse, digne d’intérêt, de respect, d’écoute, d’attention.

Aimer rapproche, unit, nous faisant goûter, ressentir les sentiments du Christ pour tous.

  • Lui qui est sorti du Père pour s’unir à notre humanité.
  • Lui qui est venu offrir par toute sa vie l’amour du Père pour le monde. « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, non pas pour juger le monde, mais que par Lui le monde soit sauvé ».

Et nous touchons là au second point : la mission.

Si l’amour est notre vocation, il est aussi notre mission. Mgr Jean-Marc Aveline, Archevêque de Marseille, dans une très belle conférence, a montré que la mission de tout baptisé est de se mettre au service de l’amour de Dieu pour le monde.

Tout ce que nous vivons et faisons dans nos confréries pour le bien, le bonheur, le service de nos frères, manifeste que nous sommes au service de l’amour de Dieu pour le monde et même dans les gestes les plus banals, les plus humbles.

Et nous mesurons combien cette mission est, là aussi, universelle. L’amour de Dieu pour le monde ouvre un horizon infini. Il ne s’agit pas de n’aimer que ceux qui nous aiment, que ceux que nous avons choisis, mais la mission d’aimer consiste à nous dépasser nous même pour atteindre ceux que nous n’aimons pas naturellement, ceux que nous n’aimons pas assez qui sont de ce monde, dans ce monde et même ceux que nous n’aimons pas du tout.

Cela, je vous l’avoue, demande une sacrée conversion. Mais si la mission de nos confréries ne va pas jusque-là, elle sera incomplète et inachevée.

La mission d’aimer nous fait avancer au large, nous aventurer, là où nous n’aurions jamais pensé aller, voire où nous n’aurions jamais voulu aller.

L’amour du Christ nous presse. Il est inventif, créatif, nous apprend à nous adapter à toutes les situations pour mieux servir et aimer les personnes comme le Père les aime.

Cela nous change, nous transforme, nous convertit, nous grandit et fait grandir nos confréries.

Ainsi elles demeurent dans le feu et le souffle de l’Esprit Saint, elles avancent dans le sens de la vie, à la suite du Christ. Elles demeurent vivantes.

Si la mission ne prend pas sa source dans la prière qui nous relie à la communion trinitaire,

Si elle ne s’inspire pas de la Parole de Dieu qui lui fixe son contenu et lui donne sa feuille de route.

Si elle ne s’enracine pas dans l’amour de l’Eglise,

Si elle ne se nourrit pas de l’eucharistie,

Alors la mission n’est que de la propagande, du prosélytisme, avec le danger de ne plus servir les autres mais de se servir d’eux pour soi.

Sœurs et frères nous célébrons avec la belle figure du Cardinal de Cabrières, le 75° anniversaire de notre Maintenance au cours et au cœur de cette eucharistie, sacrement de l’amour du Christ.

L’eucharistie est l’école de l’amour parfait, absolu, où le Ressuscité nous invite à sa table pour accueillir Sa parole, recevoir le Pain de la Vie et la Coupe du Salut, Son Corps et Son Sang.

Il fait corps avec nous et nous avec Lui pour former Son Eglise appelée et envoyés. Appeler pour se remplir de Lui de sa vie, de sa Parole, de son amour, par lesquels Il continue à se donner.

Envoyer pour annoncer et offrir, Celui que nous avons reçu, et nous donner dans la pratique d’une vie eucharistique, une vie d’amour et de charité.

 Le Pape St Jean Paul II, dans son encyclique : « L’Eglise vit de l’eucharistie », nous invite à regarder vers Marie, je le cite :

« L’Eucharistie nous est donnée pour que notre vie, comme celle de Marie, soit tout entière un Magnificat »!n° 58.

« En nous tournant vers elle, nous connaissons la force transformante de l’Eucharistie. En elle, nous voyons le monde renouvelé dans l’amour. En la contemplant, elle qui est montée au Ciel avec son corps et son âme, nous découvrons quelque chose des « cieux nouveaux » et de la « terre nouvelle » qui s’ouvriront à nos yeux avec le retour du Christ » n° 62 .

Cette Espérance nous donne des ailes pour aimer, témoigner et servir. AMEN