Philippe & Vincent ordonnés diacres, retour en images et en vidéo

Philippe & Vincent ordonnés diacres, retour en images et en vidéo

By vincent in A la une, Actualités, Actualités & Évènements, Évènements, L'évêque, News, Non classé, Sacrements on 27 juin 2022

Le 26 juin, Mgr Turini, évêque de Perpignan Elne, en présence de Mgr Centène évêque de Vannes et de Mgr Marceau évêque émérite de Nice, a ordonné diacres en vue du sacerdoce Philippe Peracaula et Vincent Benito à la Cathédrale Saint Jean Baptiste. Une belle célébration qui annonce la grâce de compter d’ici un an deux nouveaux prêtres pour notre diocèse. Retrouvez ci-dessous les images de la célébration et l’homélie de Mgr Turini.

 

 

Sœurs et Frères,

Cher Philippe, cher Vincent,

L’amour du Seigneur a fait son œuvre en vous. Il a façonné votre cœur pour vous apprendre à aimer comme Il aime et la plus belle façon d’aimer c’est de servir. D’ailleurs toute à l’heure quand l’on vous remettra la dalmatique, je vous invite à la revêtir, non pas seulement comme une tenue liturgique, mais aussi comme tenue de service.

Ainsi le fit Jésus le soir du Jeudi Saint, lui qui noua un linge à sa ceinture pour laver les pieds de ses disciples. Et Jean de préciser juste avant : « Ayant aimé les siens qui était dans le monde, Il les aima jusqu’au bout ».

C’est un geste d’amour que Jésus accomplit là. A vous de témoigner de ce même amour dans l’exercice du ministère diaconal pour lequel je vous ordonne aujourd’hui.

Philippe, Vincent, la route vers le sacerdoce passe par le diaconat : le ministère du cœur. Un cœur fermé se sclérose parce qu’il n’est plus sensible à rien. Etre diacre, c’est garder son cœur toujours ouvert à l’amour de Dieu et des frères.

C’est ainsi que l’on dira de vous : ils nous aiment, ils sont toujours là pour nous. Nous pouvons compter sur eux.

  • Quand nous pleurons, ils pleurent avec nous,
  • quand nous sommes heureux, ils se réjouissent avec nous.
  • Quand tout va mal dans nos vies, ils nous aident, nous réconfortent, nous accompagnent, nous soutiennent.

Bref, ils ont le cœur sur la main pour nous, un cœur qui manifeste la tendresse de Dieu pour tous.

Philippe et Vincent, Vous allez proclamer et commenter l’Evangile. Pour être cohérent entre ce que vous annoncez et ce que vous êtes, votre existence doit être un Evangile ouvert qui laisse voir que le Christ vit en vous.

  • Que vous soyez à l’autel pour la liturgie eucharistique,
  • que vous célébriez un mariage ou un baptême,
  • que vous présidiez des funérailles,

vous êtes porteurs des trésors  de grâce, d’amour et de miséricorde du Christ offerts à tous vos frères, pour

  • les nourrir de Sa Présence,
  • bénir leur amour,
  • les faire naître à la vie de Dieu,
  • consoler ceux qui pleurent et les ouvrir à l’Espérance du Ressuscité qui nous appelle à la vie, à la joie et au bonheur éternels dans Son Royaume.

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Le ministère du diacre ne s’exerce pas dans de grandes démonstrations de charité pour montrer à tous que l’on est quelqu’un de bien.

Non, il s’exerce humblement dans les petits gestes d’amour du quotidien qui peuvent paraître dérisoires aux yeux de certains mais si grands aux yeux de Dieu.

Ces petits gestes qui sont cependant nécessaires, indispensables à la vie de l’autre : (une présence, un soutien spirituel, une assistance matérielle, du temps passé ensemble, le partage de la prière, la réponse à un appel urgent…).

Seul, ce frère, cette sœur saura ce que vous avez fait pour lui ou pour elle, sans publicité, sans discours, sans bruit.

La charité qui fait trop de bruit n’est pas celle du Christ et de Son Evangile. La vraie charité se vit dans la discrétion et l’humilité. Mais je sais que je ne vous apprends rien en vous partageant cela, parce que l’un et l’autre vous y êtes sensibles.

Vous ne serez pas diacre uniquement que pour quelques mois, en attendant mieux, Le diaconat n’est pas que transitoire et le sacerdoce n’efface pas le diaconat. Il fonde en vous cet appel à servir toujours et à jamais, à l’image de Jésus Serviteur, votre Maître, en commençant par les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus pauvres, les plus délaissés.

En Jésus le Pasteur demeure Jésus le Serviteur. Comme prêtre plus tard, vous demeurerez serviteurs dans une Eglise servante.

Le diacre comme le dit le Pape François est le « gardien du service ». Quand l’Eglise l’oublie et qu’elle est tentée par le goût du pouvoir, de la mondanité, elle se perd et le diacre lui rappelle qu’elle est à l’image de Marie, humble servante du Seigneur et de ses frères. Il l’invite à descendre de son piédestal pour tomber à genoux aux pieds des plus pauvres qui sont le trésor le plus précieux de l’Eglise.

Cette manière de répondre pleinement à l’appel du Seigneur, s’exprime concrètement par le choix du célibat signifié par ce pas que vous avez fait au début de la messe.

  • Beaucoup croient que le célibat est une frustration ou une mutilation, alors qu’il est une alliance,
  • beaucoup croient qu’il est une obligation injuste, alors qu’il est une histoire d’amour à la suite du Christ, s’il est bien vécu,
  • beaucoup oublient ou ignorent que le célibat est un don qui nous unit à tous et au Christ. C’est le choix de Jésus lui-même qui s’est fait tout à tous pour aimer sans mesure.

Un célibat frustré fait des « vieux garçons », grincheux et insupportables. C’est ce que vous n’êtes pas, ni l’un ni l’autre. Je rassure tout le monde.

Un célibat épanoui fait des disciples, joyeux, heureux, enthousiastes et entraînants. C’est dans cette seconde catégorie que je vous place.

Philippe et Vincent, il y a dans notre assemblée beaucoup de personnes qui comptent pour vous.

Je pense à vos parents, vos familles, vos amis, vos collègues de travail, les groupes scouts, vos frères séminaristes, vos formateurs, les fidèles des communautés de paroisses où vous êtes insérés, les prêtres, diacres et les communautés religieuses et tant d’autres, enfants, jeunes et aînés.

Quand on est ordonné pour le service du Christ et de l’Eglise on ne passe pas d’une vie, à une autre que l’on jugerait supérieure à la première. Non, toute vocation, tout appel du Seigneur, est incarné dans des relations multiples qui nous ont aidés à mûrir Son appel, à lui donner sens et forme, relations qui continueront à vous soutenir.

Vous n’êtes pas arrivés tout seul au diaconat à la force du poignet, ou à coup de volonté, de bravoure ou d’héroïsme pour me convaincre de vous ordonner ! Vous savez chacun, ce que vous devez à toutes celles et ceux qui sont là ce soir, croyants ou pas. Il n’y a pas de vocations hors sol !

Ils ont été signes de Dieu sur votre chemin de vie et de foi.

Par eux, Dieu vous a parlé.

Par eux, Il a agi en vous et pour vous.

Ils ont formé autour de vous, cette chaîne d’amitié, d’affection, de prière qui vous entoure si bien.

Au fond c’est eux tous qui vous présentent à moi pour l’ordination. Ils sont inscrits à jamais dans la mémoire de votre cœur et de votre foi, dans celle de votre engagement.

Philippe, je n’oublie pas tes 25 années durant lesquelles tu as exercé ton travail d’infirmier au Centre Hospitalier de Perpignan en dermatologie, médecine interne et soins palliatifs. Tes collègues non plus ne t’ont pas oublié. Médecins, infirmiers, aides-soignants, cadre hospitalier personnels, ils sont là avec toi, je les en remercie et les salue chaleureusement. Même si vous ne travaillez plus ensemble, ils demeurent tes amis et je sais combien ils comptent pour toi et combien aussi tu as à cœur d’entretenir cette amitié qui vous lie. Ensemble vous avez été au service des malades, et il reste en toi ce désir de prendre soin des autres, de les accompagner, de veiller sur eux.

A travers ceux qui souffrent dans leur corps ou dans leur cœur, ce sont les plaies du Christ que tu touches. Tout cela donne aujourd’hui un caractère propre à ton diaconat qui se poursuivra demain dans l’exercice du ministère de prêtre.

Vincent, tes années au service du scoutisme t’ont façonné une âme d’éducateur et d’accompagnateur de jeunes, pour les aider à grandir à travers les valeurs du scoutisme : la confiance, la justice, le partage, la fraternité, la protection de la vie, le sens de l’équipe, celui des responsabilités, le don et la maîtrise de soi, le témoignage de la joie dans la foi.

En les initiant à ces valeurs fondatrices, eux aussi t’ont fait grandir humainement et spirituellement. Tu as noué dans le milieu scout de solides amitiés. Cette pédagogie propre au scoutisme t’a permis d’approfondir ta foi et ta connaissance de Jésus-Christ, ta rencontre avec Lui. Il est devenu ton compagnon de route.

Tu sais ce que c’est que marcher par tous les temps sous le soleil, dans le vent et sous la pluie. Diacre, tu vas cheminer avec tes frères et tes sœurs pour les accompagner dans les moments heureux comme au vent mauvais de leur existence.

Je sais aussi que tous les deux vous êtes des priants, et c’est cette intimité avec le Christ qui, dans le sanctuaire de votre cœur et de votre âme, construit l’unité de votre vie et du diaconat que vous allez recevoir dans un instant.

Le diaconat, comme tout ministère ordonné, est un don d’amour de Dieu pour le service de Son Eglise et plus largement celui de toute la famille humaine.

Pour le vivre pleinement, je vais appeler l’Esprit Saint en imposant sur vous les mains.

C’est sa force que vous allez recevoir pour vivre pleinement ce ministère. Nos seules forces sont fragiles et demandent à Dieu ce don surnaturel pour vivre cette mission de service à laquelle le Seigneur vous appelle.

Enfin, vous avez choisi de vous placer sous le patronage de Jean le Baptiste, patron de la Cathédrale et du diocèse.

Sa vie n’était pas repliée sur elle-même mais tournée vers le Christ. « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » dit-il à ses disciples en leur désignant Jésus. S’il a pratiqué un baptême de conversion dans les eaux du Jourdain, ce n’est pas pour attirer à lui, mais pour orienter vers Jésus dont il a « préparé l’avènement », et « qui est plus fort que lui. II n’est pas digne de lui retirer ses sandales ». 

Jean-Baptiste est un passeur. Son service, son désir, le sens de sa vie, c’est de conduire à Jésus qui baptise dans l’Esprit Saint et le feu.

Dieu a façonné Jean-Baptiste dans le sein de sa mère pour qu’il soit serviteur de la rencontre entre Jésus et ceux que le Baptiste enverrait vers Lui.

En exerçant le service de la charité, Philippe et Vincent, vous êtes ministre, serviteur de cette rencontre qui fait entrer dans la Vie avec le Christ, en révélant son visage d’amour et de miséricorde infinies à toutes celles et ceux qui, par vous, s’approcheront de lui pour s’attacher à Lui et l’aimer.

Que la main de Dieu soit sur vous ce soir et toujours, comme elle l’était sur Jean-Baptiste. Que Dieu soit votre force.

Je vous confie tous les deux à Marie, Notre Dame de Font Romeu, l’humble servante du Seigneur. Elle reste une maman au cœur ouvert, toujours proche des disciples de Son Fils et des enfants du Père.

Elle prendra soin de vous,

  • vous prodiguera tout son amour maternel,
  • veillera sur votre ministère diaconal,

en vous communiquant Sa joie de louer le Seigneur, et d’être de bons et fidèles serviteurs pour le bonheur de tous vos frères et de notre Eglise diocésaine.

AMEN.